Archive pour 27 septembre 2011

Tactiques pour se remettre en selle lors d’un entretien qui tourne mal

Ecrit par wediko sur . Publié dans Entreprise, Innovation, Miwablo

Si vous n’avez jamais vécu cette situation, ce pourrait bien être votre pire cauchemar : vous avez préparé et répété les réponses aux questions standards posées en entretien, effectué des recherches approfondies sur l’entreprise, mais quelque chose déraille et l’entretien tourne au vinaigre. Vous ramez. Vous dites des choses stupides. L’intervieweur ne tient plus en place. Le sentiment de catastrophe ne vous quitte plus jusqu’à ce que vous sortiez du bureau du recruteur, les jambes qui flagellent. Mais rassurez-vous, la situation n’est pas forcément désespérée. Voici quelques conseils pour vous remettre en selle au cours d’un entretien qui tourne mal.

 

Demandez au recruteur son feed-back

« Si vous êtes mauvais pendant votre entretien, il n’y aura pas souvent de repêchage possible. Un excellent réflexe est de dire que vous avez eu conscience de vous être planté à la fin. Vous pouvez alors peut-être vous attirer la sympathie de votre interlocuteur, conseille Pascale Kroll, auteur du guide des Métiers de la banque et de la finance (éditions l’Étudiant). Un autre bon réflexe est de demander, à la fin de l’entretien, ce que le recruteur a pensé de votre prestation. Peut-être son impression de recruteur n’est-elle pas la vôtre ».

Vous n’êtes d’ailleurs même pas obligé d’attendre la fin de l’entretien. « Il n’y a rien de mal à s’arrêter au milieu d’une réponse à demander au recruteur son feedback », explique Zhu Lilly, ancien vice-président de la banque d’investissement de Morgan Stanley et aujourd’hui à la tête de Kuaguoren, une entreprise de coaching de carrière à destination de professionnels chinois.

 

Reformulez votre réponse en temps réel

N’hésitez pas à revenir sur ce que vous avez dit précedemment. « Les candidats laissent souvent le recruteur mener l’entretien, mais ils peuvent se permettre de dire : “je sais que je peux avoir créé une mauvaise impression plus tôt, quand j’ai dit ceci… En fait, je voulais dire cela…”, indique Pennell Locey Pennell Locey, consultant senior chez Keystone Associates. Que ce soit un exemple de compétence, l’expérience que vous souhaitez mettre en évidence, ou même une opinion exprimée que vous voulez adoucir, vous pouvez revenir en arrière ».

 

Assumez votre ignorance

À une question compliquée, vous commencez à bredouiller ? « Si vous ne connaissez pas la réponse, on vous jugera sur votre capacité à réfléchir, sur votre réaction sous pression et enfin sur votre honnêteté : il vaut toujours mieux répondre un “je ne sais pas” que d’inventer ou de dire une grosse bêtise », recommandent Pascal Quiry et Yann Le Fur, tous les deux banquiers d’affaires et coauteurs du Vernimmen (Finance d’entreprise, Dalloz).

Dans le même état d’esprit, si vous avez donné une série de réponses légèrement erronées ou vaguement incomplètes à des questions techniques, tout semble perdu. Cependant, il peut être possible de réparer cela en mentionnant directement vos erreurs. « Si vous pensez que vous avez donné des réponses techniques incorrectes, vous aurez besoin de rectifier le tir en disant : “Écoutez, je ne pense pas que je vous ai donné les réponses que vous vouliez et je tiens à m’en excuser” », conseille Michael Moran, un coach en carrière indépendant.

 

Tendez une perche à votre interlocuteur

Si vous n’arrivez pas à trouver une ouverture avec l’intervieweur, demandez-lui s’il peut vous décrire le candidat idéal qu’il recherche pour le poste en question, et rebondissez en mettant en avant votre expérience et vos diplômes. « Les entretiens sont juste une occasion d’approfondir une relation », relève Zhu Lilly.

 

Montrez-vous sous votre meilleur jour

Si vous êtes mal à l’aise pour vous exprimer sur une période de votre carrière que vous trouvez difficile, zappez à une autre période pendant laquelle vous avez brillé. C’est encore mieux si vous en apportez la preuve sur le papier, comme l’esquisse d’un projet que vous avez exécuté avec succès ou bien un rapport que vous avez rédigé. « Quand l’échange verbal se raidit, vous avez besoin de quelque chose de non-verbal pour aller de nouveau de l’avant », note Zhu Lilly.

 

Envoyez un courriel de suivi

Enfin, si l’entretien a été désastreux, cela ne changera probablement pas grand chose d’envoyer une missive de remerciement à votre interviewer. Toutefois, cela peut s’avérer utile, surtout si l’entretien ne s’est pas terminé de façon catastrophique. « Trop peu de candidats écrivent des notes de remerciemen et pourant elles sont très appréciées des recruteurs, explique Margaret Buj, coach en entretiens. Cela montre que le candidat est intéressé par le poste et est quelqu’un de réfléchi. Je n’exclus d’ailleurs pas de reconsidérer la candidature d’un candidat s’il m’envoie un mail de remerciements peu de temps après l’entretien ».

 

7 avril 2011

eFinancialCareers.fr

Candidats à l’embauche, attention aux réseaux sociaux !

Ecrit par wediko sur . Publié dans Entreprise, Innovation, Miwablo, Recherche d'empoi


Si vous cherchez un emploi et si vous vous répandez frénétiquement sur Facebook, Twitter, Linkedin ou Viadéo, sachez qu’aux États-Unis, une nouvelle activité se déploie sur les réseaux sociaux : le « cyber profilage » des candidats à l’embauche.

Oubliez la « e-réputation » et le personal branding se tortiller sur le web comme une starlette qui cherche un premier rôle au cinéma sur une plage de Cannes pendant le Festival). Ce dont il va être question, ici, c’est de pistage numérique, de cadrage, de sémantique et de caractérologie.

 

On ne plaisante pas avec la productivité

Il y a les narcissiques, les compulsifs, les faux cyniques, les blagueurs en série, les agressifs, les monomaniaques, les délateurs maladifs…

Autant de silhouettes modélisées dans lesquelles des conseillers en recrutement incrustent certains auteurs ciblés de billets sur les blogs, de commentaires sur les sites d’information, de gazouillis sur les plate-formes de microblogging.

Quand les contenus et les liens collectés correspondent à un ou plusieurs types éprouvés de salariés, des rapports de probabilités sont remis à l’employeur potentiel: le blagueur compulsif pourrait consacrer  trop de temps à Twitter et, donc, pas assez à son travail, l’agressif faussement cynique est susceptible de détériorer sérieusement l’atmosphère de confraternité dans un service, le délateur maladif est capable de livrer des secrets d’entreprise à la concurrence, le monomaniaque psycho-rigide sera incapable d’évoluer professionnellement.

Le DRH peut aussi s’intéresser à un narcissique parce qu’il est influençable. Surtout si son cyber profil comporte une composante « délateur maladif »: on a toujours besoin d’un petit mouchard docile et zélé pour savoir comment  va le personnel.

Tout ceci ne signifie pas que l’entreprise s’intéresse à la vie privée des gens. Elle est juste obligée, à cause de la conjoncture et de la concurrence, de préserver la productivité horaire de la force de travail.

 

Facebook c’est mieux que la machine à café

Cerner des manières d’être sur le web ne relève ni de l’espionnage, ni de l’atteinte à la vie privée, ni même de la surveillance. C’est juste une technique de détection, d’évaluation et de catégorisation des individus à partir de ce qu’ils dévoilent d’eux-mêmes. Aux Etats-Unis, des agences de cyber détectives se spécialisent dans la mise en application sur le web 2.0 d’une bonne vieille maxime vérifiable devant la machine à café ou au restaurant d’entreprise: « Ton être social est une création d’autrui ». C’est à dire, en l’occurrence, de ceux qui analysent tes « vannes » sur Facebook.

L’anglicisme « profiler » renvoie inévitablement aux psychologues criminologistes qui assistent les policiers dans la traque des tueurs en série. Bien que toute analogie entre un candidat à l’embauche et un serial killer soit incongrue (sauf pour les tueurs professionnels en quête d’un contrat), la vérité est quand même que cette nouvelle approche de sélection sur le marché du travail ressemble beaucoup au pistage, à l’observation et à la manière de construire une typologie des psychopathes.

Dans l’affaire du tueur de Boston, les policiers ont trouvé la photo du suspect, un étudiant en médecine de 22 ans, sur Facebook. Tous les narcissiques ne sont pas des êtres aussi néfastes mais Facebook est quand même un gros vivier d’égotistes amoureux de leurs reflets numériques.   Twitter, c’est le pandémonium où fermentent les compulsifs anxieux. Sur les blogs, on trouve de tout: des mythomanes, des inhibés qui se défoulent. Et, parfois aussi, c’est vrai, des gens normaux. Tous ont leurs petites habitudes: fréquences de communication, références, tics, choix de pseudonymes et vocabulaire dont les logiciels d’analyse sémantique repèrent les occurrences et les figures de style. Esquisses d’autoportraits.

Pour trouver qui se cache derrière ces masques éloquents, rien de tel que les techniques de l’intelligence, comme disent les anglo-saxons, c’est à dire la recherche d’informations convergentes.

Dans l’affaire du serial killer de Long Island, les enquêteurs ont fouillé un site de petites annonces et ont minutieusement analysé les offres de services postées par les victimes, toutes prostituées. Après quelques recoupements sur les réponses et les contacts, ils obtiennent les adresses IP des ordinateurs utilisés pour accéder au réseau et, très souvent, ce début de piste suffit pour « loger » un suspect.

 

Fragments de vies numériques

L’apprenti, l’étudiant, le chômeur, le salarié qui souhaite se faire admettre au sein d’une entreprise n’est suspecté de rien d’autre que de vouloir travailler mais les jobs recruitments profilers  cherchent d’abord à savoir s’il a une présence sur le web. Une commission rogatoire n’est pas nécessaire pour retrouver une adresse IP à partir d’un blog ou d’un site. Il suffit de mobiliser des outils fournis par Domains Tools pour glaner pas mal d’informations. En toute légalité car ces données étant publiques, il n’y a ni intrusion ni même indiscrétion. Dans le back office (= l’arrière-boutique) de Wikipedia, par exemple, là où les entreprises et les internautes se disputent pour obtenir ou empêcher des modifications d’articles, on trouve des adresses IP d’ordinateurs qui conduisent à des adresses postales et parfois à des numéros de téléphone. Il est alors facile de savoir qui s’efforce de valoriser une marque soumise à des critiques, qui essaie de discréditer cette marque, qui a voulu masquer un épisode gênant dans la biographie d’une personne en vue.

Le web ayant une infinie capacité de mémorisation et les traces qu’on y laisse étant aussi nombreuses qu’inaltérables, un enquêteur bien formé aux réseaux sociaux peut rassembler des fragments de vies numériques suffisants pour établir le portrait robot d’un « être social » à ranger dans un des casiers d’une typologie d’employés.

 

Les rigolos du lol sont un gibier de rêve

Car les adeptes de réseaux sociaux affichent des comportements beaucoup plus faciles à caractériser que les internautes quand ils étaient encore presque aussi passifs que des téléspectateurs.  Sur Facebook sur Twitter notamment, c’est fou ce que les gens dévoilent d’eux-mêmes. Passons sur les salariés neuneus qui s’exhibent en photos sans faire la différence entre un congé maladie et des vacances festives. Oublions les malheureux qui dénigrent leurs supérieurs hiérarchiques en ignorant que la copie d’écran ou le Re-Tweet sont la providence des mouchards en entreprise. Le plus intéressant pour les détectives en recrutement, c’est ce que les internautes publient pour faire les intéressants. Les adeptes du lol (= esclaffons-nous très fort sur le web 2.0) sont du gibier de rêve pour ceux qui ont pour mission d’empêcher les rigolos de venir « plomber » une boîte.

Même les goûts affichés sur Facebook dans toutes sortes de domaines apparemment futiles sont de nature à colorer plus ou moins positivement un dossier de candidature. A âge et diplômes équivalents, le fan de Philippe Catherine et l’admirateur de José Van Dam, celui qui pratique un sport collectif et celui qui ne fait rien qu’à vider des canettes de bière, la fashion addict et celle qui joue du piano pour se détendre ne pèsent pas le même poids. Ou plutôt: n’ont pas la même densité d’employabilité.

Mais alors que faire, soupirez-vous , en citant Lénine qui, lui, n’était pas un rigolo…Continuer à s’exprimer sur les réseaux sociaux, en évitant de mettre en ligne le moindre détail qui pourrait susciter de la perplexité, et surtout de la répulsion, chez un employeur possible.

Vous pouvez aussi ne pas vous exprimer du tout. Mais il faut savoir qu’à l’ère de la transparence globale, l’invisibilité devient une forme sophistiquée de subversion. Aux Etats-Unis, ne pas « être » sur les réseaux sociaux peut laisser supposer que le candidat à l’embauche a quelque chose à cacher.

Bon d’accord: çà se passe aux Etats-Unis, pas en France. Pas encore.

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