Archive pour 9 décembre 2011

Opinion : La vérité sur la contribution de la diaspora au développement du Bénin

Ecrit par wediko sur . Publié dans Innovation, Miwablo


Ces derniers temps vous avez publié deux articles de vos lecteurs sur votre site soulevant la question du comportement de la diaspora dans le développement de notre pays. Nous avons eu deux points de vue différents entre celui père qui interdit à son fils de rentrer et de Sessie qui appelle au sursaut patriotique des béninois de la diaspora.  Mais ces opinions diamétralement opposées soulèvent deux questions essentielles à mon avis: « le Bénin doit-il continuer à ignorer son capital humain dispersé un peu partout dans le monde ? », « la diaspora doit-il se contenter d’envoyer juste de l’argent au pays ? ».

Ma réponse à la première question est sans appel : non. Car le Bénin n’a pas les moyens de se payer ce luxe. Oui c’est un luxe d’avoir de la main-d’œuvre hautement qualifiée et l’abandonner à d’autres pays. Surtout quand la seule richesse dont dispose le pays d’origine est le génie de ces enfants. Inutile de rappeler que nous ne possédons ni or, ni diamant, ni pétrole, ni uranium… Il n’est point question par mes propos de remettre en cause la compétence des personnes formés au pays mais le constat est qu’il y a plus de médecins béninois en île de France qu’au Bénin pendant que nos hôpitaux manquent cruellement de médecins et spécialistes.

C’est une réalité. Moins d’1% de la main d’œuvre béninoise à un diplôme universitaire. Ce qui explique que nous manquions d’une main d’œuvre hautement qualifiée. D’ailleurs, les secteurs specifiques tels les banques, les  télécommunications,  les TIC… ont des difficultés à recruter des ingénieurs et/ou des diplômés de mastère.

Pendant que les pays occidentaux débattent sur les problématiques de l’immigration choisie, nous sommes, en spectateurs heureux,  à regarder nos citoyens participer au développement d’autres nations. Même les US ne se payent pas ce luxe. J’en veux pour preuve le concept, d’ailleurs très marxiste, du stock de main d’œuvre qu’ils ont inventé pour conserver leurs universitaires. Il s’agit de tous ces titulaires de PhD (doctorat) qui ne sont pas dans le monde académique mais à qui on donne des contrats juteux pour des missions d’enseignement et qui sont tenus à être à la disposition des universités en cas de besoin. Alors quand j’entends d’un officiel béninois je cite : « que voulez-vous venir faire au pays ? Il n’y a rien là-bas pour vous. Restez ici » je mesure l’étroitesse d’esprit de certains de nos dirigeants ; inquiétant en effet !!!

De plus, notre choix politique qui consiste à ignorer cette main d’œuvre est irrationnel au sens économique du terme. Investir dans la formation des individus sans chercher un retour sur investissement est contre toute logique économique de base. Oui même si c’est seulement l’école primaire que l’individu a eu à faire au Bénin avant son départ,  il a bénéficié des subventions publiques  versées à ces écoles. On compte aussi parmi ces diplômés qui vivent et travaillent à l’étranger des anciens boursiers de l’état béninois.

Quant à ma deuxième question il est difficile d’avoir une réponse tranchée. Toutefois, j’ai une certitude : il est difficile d’ accuser la diaspora d’une absence totale de contribution au développement du Bénin. Car les transferts d’argent de la diaspora  vers le Bénin, constituent la 2ème  source d’investissement devant l’IDE (Investissement direct étranger) juste derrière l’aide publique au développement.  Ils jouent un rôle important de stimulateur de la croissance économique et participe à l’amélioration du tissu social.

En effet, les transferts de fonds constituent –en général – des flux contra-cycliques, c’est-à-dire qui augmentent en période de récession dans les pays hôtes, soutenant la consommation intérieure et par conséquent la demande intérieure. Aussi, les envois de fonds peuvent avoir un effet multiplicateur significatif sur la croissance économique et l’investissement et impacter efficacement  la luttre contre la pauvreté (FIDA, 2007). Ces transferts  de fonds représentent en moyenne, entre 1975 et 2008, 3% du PIB, 14,2% des importations, 27,8% de l’investissement et 27,7% des exportations. Ils ont même atteint en 2008 près du double des recettes d’exportations (Source : Africa Database 2008-2009, Banque mondiale).  Cependant, leur effet réel sur l’économie béninoise est indépendant du comportement de la diaspora mais de la structure économique du pays d’une part, et de l’utilisation qu’en font les bénéficiaires d’autre part. C’est là une autre analyse qu’il me semble mérite plus de développement que je m’abstients de faire ici.

Cependant, combiner les transferts de fonds aux retours de la dispora apportera certainement plus au Bénin. Il est évident que le Bénin n’est pas prêt à acceuillir tous les candidats au retour. Toutefois, le pouvoir exécutif peut et doit inciter ceux qui en manifestent le désir . On pourra à juste titre instaurer par exemple des mesures fiscales (exonération des droits de douane, exonération d’impôt pour des entreprises béninoises qui font venir un jeune de la diaspora….).

Cette incitation fiscale, afin d’en minimiser le coût pour les finances publiques, pourra être constituée, entre autres, de la réduction des charges patronales payées par les entreprises sur la masse salariale de la diaspora. La réduction des charges patronales, compenserait significativement le coût lié à l’embauche d’une compétence de la diaspora. On pourrait donc, en fonction du nombre de salariés de la diaspora embauchés, réfléchir à des exonérations totales de charges salariales pendant une durée déterminée sur une partie de la masse salariale effectivement supportée par l’employeur.

D’un point de vue purement fiscal, l’analyse coût-avantage d’une telle stratégie pourrait, in fine, être bénéfique pour l’État. En effet, les autorités, en proposant des incitations fiscales aux entreprises, par le biais de réductions de charges patronales, percevront en retour non seulement les charges sociales sur la masse salariale des personnes relocalisées, mais bénéficieront aussi de la capacité contributive en matière d’imposition sur le revenu de cette nouvelle classe sociale et de son pouvoir d’achat. L’existence d’un dispositif fiscal adapté aux membres de la diaspora participerait directement à la politique de relocalisation des compétences émigrées.

Une stratégie fiscale qui permettrait aux entreprises de s’aligner sur les salaires réels des pays de provenance afin de garantir le pouvoir d’achat de la personne embauchée et limiter ainsi le « brain drain ». Cet effort étatique qui  limiterait le recours aux experts internationaux trop coûteux et favoriserait l’émergence d’une classe moyenne supérieure et par conséquence l’augmentation des recettes fiscales sans une d’augmentation la pression fiscale nationale.

Enfin, l’impact des retours ne pourra être positif que s’ils sont coordonnés et structurés. Sinon, il y a un risque fort de se faire phagocyter par le système. D’ailleurs, je me suis souvent demander pourquoi les béninois qui, le plus souvent, excellent dans tout ce qu’ils font à l’étranger deviennent moins productif une fois au pays ? Comme si on les lobotomisait une fois la frontière franchie.

Dr. Cyriaque EDON

 

Auteur du livre « Fécondité et offre de travail des femmes en couple en Europe ». Aux Editions Universitaires Européennes. Auteurs de plusieurs articles scientifiques : « Avoir des enfants, avoir un emploi : une comparaison européenne » Parue dans la revue les Echos.  « Dynamic Modeling of Fertility and Labour Market Participation of Married or Cohabiting Women » Working Papers, Centre de Recherche en Economie et Statistique. Co-auteur des articles :  “ Modélisation dynamique de la fécondité et de la participation au marché du travail des femmes ”. à paraître dans la Revue Economique. “ Modélisation dynamique de la participation au marché du travail des femmes en couple ”, Annales d’Economie et Statistique 86, 77–108.

 

NB: Comme l’auteur, si vous aviez le désir de partager  vos ressentis, vos réussites, vos craintes , votre expérience, vos conseils et votre parcours professionnels au Bénin ou ailleurs, n’hésitez pas à nous le faire parvenir à contact@miwablo.com. Miwablo s’engage à les publier gratuitement soit anonymement soit soit sous votre nom selon vos envies et à respecter à la lettre vos écrits.

Participons à l’information, à l’accompagnement pour une insertion professionnelle réussie de nos talents béninois.


Conseils aux utilisateurs d’emails au Bénin

Ecrit par wediko sur . Publié dans Entreprise

Le mail est devenu au Bénin et dans le monde professionnel le mode de communication le plus utilisé dans les entreprises amenant les utilisateurs à avoir recours à des pratiques parfois peu éthiques voir improductives.

Déclinaison ci-dessous de ces nouveaux comportements improductifs.

 

Péché n° 1 : la douce exubérance (ou la multiplication des mails superflus)


C’est le travers typique des utilisateurs qui surchargent inutilement les boîtes mails. À titre d’exemple, Mr. Koukoui, un salarié hyper motivé d’une Banque locale qui transmet ses courriels à plus de destinataires que nécessaire ou utilise la Réponse à tous et le Merci ! sans discernement.
Il écrit tous ces mails en majuscule comme si le temps lui manquait pour trouver les touches spécifiques pour les « accents ».

Ce sont aussi mes collègues de l’étage du dessus, adeptes « du clique et fonce ». A peine ont-ils envoyé leur mail, qu’ils font irruption dans le bureau du destinataire ou l’appellent pour avoir une réponse immédiate. Tout est toujours urgent… Jamais Asap. Ceci dit, nous traitons les dossiers de crédit plus vite que les banques concurrentes.

 

Péché n° 2 : l’identité mêlée (ou la fin des frontières entre public et privé)


Elle concerne la séparation vie professionnelle/vie privée qui auparavant était plus marquée. Le « Private, Personnel » dans l’objet justifie à présent tout dans le contenu de nos mails.

Le développement de la télécommunication au Bénin avec l’avènement du courrier électronique sur les mobiles a fait disparaître les frontières entre le monde professionnel et le monde privé

Nos collaborateurs reçoivent des photos de sa famille sur son mail professionnel comme ils peuvent consulter ses mails professionnels depuis son domicile ou en accompagnant leur enfant à une activité extrascolaire. C’est le prix de la réactivité mais les erreurs sont fréquentes. Comme ce jeune collaborateur qui tenait absolument à montrer les photos de son DG pris sur son portable au Macoumba en très belle compagnie. Par inattention, il a mis le nom du responsable en copie sans même sans rendre compte : c’est le « Penser-taper ».

 

Conseil : préférez votre boite mail personnelle. Avec les opérateurs béninois, il est possible de synchroniser votre boite mail personnel sur votre portable.

 

Péché n° 3 : la froide indifférence

L’indifférence est une nouvelle forme d’abus de pouvoir électronique. Quand un manager montre de manière ostentatoire et publique, par le biais des messageries électroniques, qu’il détient seul le pouvoir de décider et d’imposer. « Merci de relayer l’info ou le FYI ». Combien de fois ce type email peut donner l’impression d’être une machine.

 

Conseil : créez des dossiers pour chaque collaborateur en fonction de leur niveau hiérarchique. Vous auriez loisirs de pouvoir gérer la froideur et l’indifférence de vos collègues quand vous auriez le temps.

Mais ce sont aussi des attitudes d’exclusion volontaire, comme l’omission abusive, quand un collaborateur est sciemment exclu d’une liste de distribution et ainsi privé d’information, ou le silence, lorsque les mails de certains émetteurs sont délibérément ignorés.

Astuce : Désormais, je mets en options sur Outlook un rapport d’activité, de distribution et de lecture de mes mails. Utile quand on feint de n’avoir pas lu un mail important ou qu’on les supprime par incompétence. Cette option est aussi disponible sur Lotus.

 

Péché n° 4 : la colère enflammée (ou le règlement de compte en ligne)


Elle concerne souvent les débats en ligne ou des oppositions qui se font par mails interposés. Ces mails souvent secs dénués d’émotion peuvent aller très loin et prendre à parti d’autres collaborateurs ou managers en copie des messages échangés, rendant le débat public. Un tel comportement est rendu possible par le sentiment de sécurité, voire d’impunité, ressenti par les rédacteurs des courriels : auraient-ils de tels mots si leur interlocuteur était présent ?

Dans ce cas, personnellement, il est conseillé de se déplacer pour discuter de vives voix.

 

Péché n° 5 : l’ambiguïté coupable (ou comment gagner du temps)


Certains utilisateurs se servent du mail pour rédiger volontairement des messages ambigus ou en prétendant ne pas comprendre le sens d’un message, pourtant très clair aux yeux de son rédacteur. On appelle ce premier comportement, l’ambiguïté, le second la confusion, des méthodes souvent utilisées par celles et ceux qui ont tendance à faire de la procrastination.

 

Astuce : décrochez votre téléphone pour lui expliquer directement et signifier l’urgence.

 

Anonyme

(L’auteur a réclamé la protection de son identité. Merci de votre compréhension)

 

 

NB: Comme l’auteur, si vous aviez le désir de partager  vos ressenties, vos réussites, vos craintes , votre expérience, vos conseils et votre parcours professionnels au Bénin ou ailleurs, n’hésitez pas à nous le faire parvenir à contact@miwablo.com. Miwablo s’engage à les publier gratuitement soit anonymement soit soit sous votre nom selon vos envies et à respecter à la lettre vos écrits.

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