Archive pour 17 janvier 2012

Vous aussi, vous avez été un enfant ‘doué’, ou ‘intelligent’?

Ecrit par wediko sur . Publié dans Opinon

Carol Dweck, et une autre étudiante, Claudia Mueller, avaient mené une étude pour mesurer les effets de différentes sortes de louanges sur des élèves. Elles donnèrent à chaque enfant une première série de problèmes assez faciles à résoudre, puis les félicitèrent pour leur résultat. La moitié d’entre eux furent félicités sur leurs capacités (tu t’es bien débrouillé. Tu dois être très intelligent !), tandis que les élèves de l’autre moitié furent félicités pour les efforts qu’ils avaient fournis (tu t’es bien débrouillé. Tu as dû beaucoup travailler !)

Ensuite, elles donnèrent une série de problèmes très difficiles aux mêmes élèves, tellement difficiles que peu d’entre eux parvinrent à donner les réponses correctes. A tous, elles dirent que cette fois-ci, ils avaient été bien plus mauvais. Enfin, elles leur remirent une troisième série de problèmes, aussi simples que la première série, pour voir comment l’expérience de l’échec qu’ils venaient de vivre allait affecter leurs résultats.

Dweck et Mueller ont trouvé que les élèves qui avaient été félicités pour leur intelligence obtinrent grosso modo 25% de moins bons résultats que lors de la première série et qu’ils mettaient ces  résultats décevants sur le compte de leur manque d’aptitude. Ils y avaient pris moins de plaisir à les réaliser et ils avaient déclaré forfait plus rapidement. En revanche, les enfants qui avaient été félicités pour leurs efforts avaient obtenu près de 25% d’amélioration de leurs performances. Ils se reprochèrent de ne pas s’être mieux battus pour résoudre le problème difficile, passèrent plus de temps sur le problème final, et y prirent plus de plaisir.

Les enfants des deux groupes n’étaient guère différents, et c’était le type de louange qui avait fait la différence : les enfants glorifiés pour leur intelligence avaient développé un manque de confiance en eux, avaient douté de leurs capacités, et cela avait handicapé leurs performances.

Les retours que nous avons eus de nos professeurs et de nos parents lorsque nous étions enfants ont eu un impact majeur sur les croyances que nous développons à propos de nos capacités, et notamment, ils influencent notre croyance en notre capacité à nous développer avec des efforts et de la pratique. Les enfants félicités pour leur « intelligence » vont tout de suite conclure que s’ils ne parviennent pas à surmonter une difficulté de prime abord, c’est parce qu’ils ne sont pas « assez intelligents », et chercheront moins à s’accrocher.

Ceci est particulièrement vrai pour les femmes, parce qu’on leur enseigne très tôt à rester calmes, et qu’on les a beaucoup félicitées dans leur enfance pour avoir été sages et gentilles, des qualités innées. Dans une étude menée dans les années 1980, Dweck avait conclu que les petites filles brillantes étaient les plus promptes à abandonner lorsqu’on leur donnait un exercice, en particulier lorsqu’elles avaient un très haut QI.

Combien de fois vous êtes-vous trouvé dans une situation où vous avez préféré le confort d’une situation bien connue, et vous vous êtes tenus à des objectifs faciles à réaliser, plutôt que d’accepter de vous remettre en question ? Vos compétences ne sont pas figées, les efforts et le travail peuvent vous permettre de vous développer.

 

Source:Harvard Business Review

janvier 2012
L M M J V S D
« Déc   Fév »
 1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
3031