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Chefs d’entreprises : attention au risque interculturel en Afrique

Ecrit par makploga sur . Publié dans Entreprise, Innovation, Performance

Ce consultant en ressources humaines, chasseur de cadres pour l’Afrique et le Moyen-Orient, pointe le manque de discernement des chefs d’entreprises sur les problèmes interculturels dans la pratique des affaires en Afrique.

Négociations contractuelles, accords de partenariats de distribution, prospection ou développement commercial, ouverture d’un bureau de représentation ou d’une antenne locale, mission d’un expatrié… Un certain nombre de lancement ou de développement d’affaires au Maghreb et en Afrique noire, connaissent de sérieuses difficultés. L’une des principales raisons vient souvent d’un manque de discernement ou de prise de conscience des dirigeants d’entreprises du risque interculturel.

Si les relations interculturelles sur place ne fonctionnent pas, aucun business ne pourra s’accroître et aucune entreprise ne pourra y réussir, même avec le meilleur produit au monde ! L’impact de la faculté d’adaptation aux cultures locales pèse sur le bon déroulement de son commerce ou de son implantation en Afrique et plus largement à l’international. Dans le cas des expatriés par exemple, l’erreur est d’envoyer une personne uniquement sur la base de ses compétences professionnelles.

Un dirigeant d’entreprise doit au préalable analyser la personnalité de l’expatrié et son aptitude au management interculturel. Dans ce contexte, les expatriés adoptent quatre attitudes fondamentales : un rejet de la différence, une indifférence, une acceptation ou une valorisation de la culture locale. Il faut aussi aborder les marchés africains pays par pays, et ne pas raisonner par zone géographique. On ne fait pas des affaires en Algérie de la même façon qu’au Maroc, par exemple. Et il y a moins de différences dans les mentalités commerciales entre la Tunisie et le Sénégal qu’entre l’Algérie et le Maroc.

Parler la même langue ne garantit pas la réussite des affaires

Il existe en fait, cinq critères de différences culturelles à prendre en compte fondés sur les travaux dans les années 1970 du sociologue d’entreprise Geert Hofstede.

Le premier est la distance hiérarchique qui varie d’un pays à un autre. Pour ne pas choquer son interlocuteur dans la pratique des affaires, il faut savoir que la hiérarchie au Maghreb et en Afrique noire dans les entreprises mais aussi dans les contacts commerciaux, est beaucoup plus prononcée que dans les pays anglo-saxons et occidentaux.

Le deuxième critère porte sur deux types de cultures, individualiste ou collective. Les entrepreneurs français peuvent en effet se heurter à des comportements africains plus collectifs liés à un plus grand respect du lien social dans le travail, alors qu’en France on cultive l’individualisme.

Le troisième aspect concerne deux sortes de valeur, les valeurs masculines qui représentent la performance, et féminines, celles de l’harmonie sociale dans les affaires. Certaines entreprises africaines peuvent employer trois personnes pour effectuer une tâche qui ne demande qu’une seule personne pour ne pas casser le lien social au travail. En Afrique noire par exemple, la performance est souvent mise au même niveau que l’harmonie.

Le quatrième critère se situe dans l’aversion au risque, autrement dit sur l’aptitude ou pas des travailleurs locaux à prendre des risques dans les affaires. Dans certains pays, l’entrepreneuriat n’est pas forcément la priorité. Dans d’autres, il y a une réelle culture entrepreneuriale qui peut être plus forte que la nôtre.

Le dernier type de différence culturelle est dans l’approche pragmatique ou dogmatique d’un marché étranger, notamment africain. Le défaut des français est d’aborder les pays africains de façon trop dogmatique, dans des schémas trop compassés ou conceptuels. La réussite des entreprises chinoises sur ce continent tient à leur pragmatisme qui semble bien accepté par les cultures locales.

Enfin, parler la même langue, en l’occurrence le français, ne garantit pas la réussite des affaires en Afrique. Car les codes culturels, au-delà du verbal, sont souvent opposés aux nôtres.
La solution pour les PME françaises de réussir sur le continent africain est de s’entourer de personnes qui connaissent bien le pays concerné et l’environnement des affaires, via les réseaux d’organismes français sur place comme les CCI internationales ou les conseillers du commerce extérieur. Les entreprises tricolores peuvent également faire appel à des sociétés de formation sur la gestion du risque interculturel.

Source  lentreprise.lexpress.fr   Auteur: Franck Jullié, Associé co-gérant, cabinet de conseil Elzear

OPINION: La France et ses diplômés africains : je t’aime moi non plus

Ecrit par makploga sur . Publié dans Entreprise, Innovation, Miwablo

« Cela fera bientôt deux ans que ma femme et moi réfléchissons à notre départ de la France pour retourner à Cotonou ou dans une capitale africaine. La raison principale de notre déménagement, c’est que nous en avons assez de vivre dans un pays où un tiers de la population active travaille dans la fonction publique. »

C’est ainsi que commence ce texte d’une jeune diplomé africain sur lequel je suis tombé récemment au détour d’un mur Facebook. Ce jeune homme diplomé d’une grande école française, et à qui je pourrais m’identifier, explique simplement en quoi la France ne lui correspond plus et pourquoi il a décidé de plier baggage pour retourner en Afrique.

Bien que je ne partage pas entièrement son opinion et on ses motivations (que je trouve un peu égoistes), je ne peux m’empêcher d’y reconnaitre le dilemme auquel est confronté la quasi-totalité des étrangers diplômés d’universités françaises.

Ces dernières semaines, mon silence ne vous a pas échappé. En effet, je traverse l’une des période de ma vie où je dois faire les choix les plus difficiles. ça va faire bientôt faire 5 ans que j’ai quitté mon Afrique natale et posé mes valises en France, ultra motivé et des rêves plein la tête. Mais aujourd’hui, je dois dire que le résultat est plutôt en dessous des attentes. Rien (ou très peu des choses que j’espérait faire n’ont été faites). Peut-être que je m’y suis mal pris, peut être ai-je fait de mauvais choix? De toute façon, il est trop tard pour avoir des regrets. Malgré mon optimisme, malgré mon ambition, je suis forcé de reconnaitre une chose : ma place n’est pas ici. Ou plutôt, ma place n’est plus ici.

Comme cet autre camarade, j’admire la solidarité à la française qui permet à n’importe qui d’avoir accès aux soins médicaux et à l’éducation, j’admire les valeurs humanistes que partagent bon nombre d’européens, et je suis jaloux de la richesse du patrimoine culturel de la France. Mais en tant qu’étranger, en tant qu’immigré j’aspire à autre chose.

La France n’est pas un pays d’entrepreneurs, la France n’est pas un pays de rêveurs, la France n’est pas un pays où la différence, la nouveauté, l’innovation, sont perçues comme une richesse. J’y ai retrouvé exactement la même reproduction sociale que je pensait fuir en Afrique. Cette société où les élites vivent coupés du reste du monde, cette société où les Grandes Ecoles (j’y ai séjourné) ne servent qu’à perpétuer une espèce de « caste » n’ayant pour seule ambition qu’un emploi de cadre supérieur dans un grand groupe tandis qu’à l’autre extrème, les autres jeunes qui ont raté leur vie n’ont pas eu la chance de faire le duo Prépa+Grande Ecole ne rêvent que de fonction publique et de revendications sociales.

Quand j’étais plus jeune, je rêvais de devenir comme Bill Gates. Mes modèles étaient américains. En arrivant en France, je pensais pouvoir y trouver des modèles à qui m’identifier, des personnes et des idées auxquelles je pouvais m’associer. Force est de constater qu’ils n’existent pas. Du moins, ils ne sont pas nombreux. La France appartient à l’aristocratie et aux énarques, qui eux même perpétuent l’immobilisme dans leurs anciennes colonies africaines. Colonies qui sont aussi indépendantes que je suis asiatique.

Sarkozy avait raison : La France, on l’aime ou on la quitte. Moi, c’est avec un seul regret que je la quitterais : Celui d’avoir raté 5 des plus belles années de ma vie.

 

Source:  http://immigrechoisi.com

Dossier : La jalousie au bureau, une émotion à combattre

Ecrit par wediko sur . Publié dans Entreprise, Innovation, Miwablo

Hostilité, démotivation, turnover… La vie de l’envié comme celle de l’envieux peuvent vite devenir un enfer. Les pistes pour se débarrasser d’un vilain défaut.

Travailler avec des amis ne met pas à l’abri des conflits d’ego. Quatre quadragénaires l’ont appris à leurs dépens. Lorsqu’ils se sont associés pour monter leur cabinet de conseil, très vite, l’un d’eux a reproché au plus diplômé de s’attribuer les missions les plus valorisantes. Ce dernier a eu beau se défen­dre, l’atmosphère est devenue lourde. Ils ont fini par ne plus se parler et la jeune structure s’est écroulée, sapée par la jalousie.

«L’entreprise se révèle un terreau fertile pour ce sentiment complexe, observe Bénédicte Vidaillet, maître de conférences en psychosociologie des organisations. En grande partie parce que chaque salarié s’y voit comparé aux autres.» Si on ne peut empêcher la jalousie de poindre, on peut en atténuer les méfaits. «Ou même transformer cette émotion en tremplin, s’en servir pour rebondir et se dépasser», ajoute le coach Bernard Leblanc-Halmos. Dans tous les cas, apprenez à ne plus subir la jalousie, que vous soyez envieux ou envié.

 

Prémunissez-vous contre les convoitises

Vous voici enfin promu, mais vous n’avez guère le temps de vous réjouir : depuis quelques jours, un collègue qui convoitait le poste vous regarde d’un œil noir. «Pour ne pas attiser la ran­cœur, faites pro­fil bas, recom­mande Frédéric Rey-Millet,
président d’Ethi-Konsulting. Lorsque la situation est ten­due, mieux vaut éviter de fêter votre promotion.» Cette modestie ne suffira peut-être pas à calmer les hostilités. «La déception pourra s’exprimer par de la froideur, des piques ou des tentatives de sabotage, comme la disparition d’un de vos dossiers», prévient Ricardo Croati, dirigeant du cabinet France Training.

Si la situation perdure, expliquez-vous avec votre collègue sans vous poser en accusateur. Privilégiez des formules telles que «J’ai l’impression que quelque chose ne va pas…», afin d’ouvrir le dialogue. «Si cela ne fonctionne pas, parlez-en avec votre supérieur, conseille Frédéric Rey-Millet. Donnez-lui des éléments factuels, afin qu’il n’ait pas l’impression que vous l’utilisiez pour régler vos comptes.» Il lui reviendra de recadrer votre collègue envieux.

Il peut arriver que vous viviez la situation inverse. Ce fut le cas de Béatrice Héraud, alors rédactrice chez Editialis, une société de communication. ­Régulièrement félicitée par sa direction, elle pensait être ­promue, jusqu’à ce qu’elle apprenne que sa collègue héritait du poste. «J’ai d’abord ressenti une grande injustice. Mon implication était forte : c’était, par exemple, toujours moi qui représentais l’entreprise lors des soirées professionnelles.» L’incompréhension se transformant en rancune, elle en a parlé à sa chef puis aux RH, sans obtenir de réponse qui lui convienne. Elle a donc présenté sa démission.

Mais tout le monde ne peut ni ne veut partir. Il faut alors lutter contre l’autodénigrement et pren­dre du recul : certaines décisions ne sont tout simplement pas rationnelles. «Pas question, pour autant, de tomber dans le fatalisme, nuance Jean-Louis Fel, fondateur du cabinet Vakom et auteur de “Bien dans sa peau sans vouloir celle des autres” (Du­nod). Essayez, par exemple, de con­vain­cre votre manager de vous confier de nouvelles respon­sa­bilités ou de nouveaux projets.»

 

Faites de votre rancœur une force

Vous écopez systématiquement des clients les moins prestigieux, tandis que les comptes stratégiques sont confiés à votre jeune collègue avec primes et félicitations à la clé. «Ne vous enfermez pas dans cette frus­tration qui va vous user pré­ma­turément, explique Frédéric Rey-Millet. Demandez à votre responsable pourquoi on ne vous laisse pas traiter de ­dossiers complexes, alors que vous n’attendez que cela.»

Un déclic peut aussi aider à sortir de cette jalousie stérile. Mathieu, directeur de création dans une agence de publicité, comprenait mal pourquoi l’un de ses pairs, arrivé bien après lui dans l’entreprise, avait toujours droit aux budgets les plus intéressants. Il ruminait la situation, critiquait son collège… Sa compagne, lasse de l’entendre se plaindre, l’a incité à changer d’attitude. «Quelque temps après, nous avons été mis en concurrence sur un appel d’offres pour l’élaboration de la charte graphique des cigarettes Gauloise, se souvient le jeune homme. Un gros budget. J’étais piqué au vif et j’ai travaillé comme un forcené. Ma proposition a été retenue et, depuis, j’ai plus de latitude dans le choix des dossiers.» Moralité : au lieu de jouer les victimes, fai­tes de votre ressentiment un moteur pour prouver votre valeur.

 

Protégez-vous de la guerre des chefs

Lorsqu’une guerre de tranchées éclate entre deux responsables de service, les victimes sont toujours les équipes. La coopération devient alors impossible et les performances se mettent à chuter. Sans parler du climat délétère qui s’instaure. Là encore, il faut réagir. «Lorsqu’il s’agit d’un supérieur hiérarchique, la question est délicate, reconnaît Jean-Louis Muller. Si vous entretenez de bonnes relations avec lui, faites preuve de courage. Dites-lui que vous auriez besoin qu’il soit davantage présent mais, pour ne pas le braquer, n’évoquez pas ouvertement la jalousie qu’il semble éprouver.»

Si vous ne souhaitez pas vous retrouver en première ligne, vous pouvez envisager d’aller lui parler à plusieurs, comme l’ont fait les salariés d’une agence commerciale de Cegetel. Leur chef était obsédé par les rapports des autres patrons d’agence avec le directeur général. Il était à l’affût de la moindre félicitation, surveillait leurs performances… Au point d’en négliger son équipe. Résultat : son unité enregistrait les plus mauvais chiffres de la région. Il a suffi qu’il se recentre sur son rôle de manager pour que son agence retrouve, en quelques mois, la tête du classement.

 

Confrontez-vous à vos accusateurs

Vous avez beau être discret, rien n’y fait : vous attirez les regards. Si un physique avantageux peut aider professionnellement, sachez qu’il est aussi susceptible de devenir un handicap lorsqu’il suscite la jalousie. Une personne qui dégage de l’énergie et de la vitalité peut en inquiéter d’autres, moins bien dans leur peau. Charlotte Collonge, jolie brune de 30 ans, en a fait les frais lors­qu’elle occupait le poste de respon­sable de la communication à l’Efma (centre d’observation des métiers de la banque). «Plusieurs salariées, avec lesquelles j’entrete­nais pourtant d’excellentes re­­la­tions, ont profité d’une réunion avec le DG pour me critiquer, disant que j’arrivais en retard, que j’étais peu cons­cien­cieuse…» Incrédule, la jeune femme décide de se confronter à elles. Si deux nient, la troisième finit par avouer que sa beauté «gêne».

«Dans ce type de cas, il ne faut surtout pas se remettre en cause ; il est important de réagir fermement, préconise Jean-Louis Fel, du cabinet Vakom. Expliquez à l’envieux que ses remarques fielleuses sont injustes et blessantes. Il y a de bonnes chances pour qu’il se sente en faute et stoppe son opération de déstabilisation.» A vous d’oser protester : après tout, mieux vaut être belle et rebelle !

Gaëlle Renouvel

© Capital


 

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